
Usine C, Montréal, du 17 janvier au 27 février 2020
Galerie Michel Guimont, Québec, du 27 mars au 18 avril 2021
Galerie Lacerte art contemporain, Montréal, du 16 septembre au 16 octobre 2021
La série de tableaux Empire est issue d’un désir de questionner le rôle du pouvoir et de l’argent dans la culture, et leur impact sur la vie des gens, sur la création des artistes. Il semble évident que l’histoire de l’art récente peut être interprétée comme le résultat de grands empires justifiant leur importance à travers la culture. L’artiste explore ici le rapport historique entre l’art et le pouvoir, il crée des peintures qui offrent plus qu’un véhicule pour les valeurs dominantes et qui, en fin de compte, parlent de liberté.
Les tableaux figuratifs étant une exploration de son propre rapport à l’art et à la culture, l’artiste crée une série de tableaux qui évoquent la notion d’Empire, avec ses effets sur les populations, mais aussi sur l’histoire de l’art et sur la création culturelle actuelle. Travaillant dans un style réaliste et à partir de sources photographiques, il confronte les réalités évoquées dans les tableaux en les juxtaposant, en les rendant étranges, en construisant un agencement poétique pour susciter une réflexion. Les sujets sont variés, inspirés par les images prises dans des lieux spectaculaires qui mettent en lumières le rapport de l’art et l’argent (par exemple un défilé de mode ou une performance dans une grande galerie commerciale).
Pour le moment, aucun empire précis de l’histoire n’est visé par ce projet, il s’inspire théoriquement du livre Empire (2000) de Antonio Negri et Michael Hardt. Ceux-ci proposent un changement historique de paradigme entre l’impérialisme «moderne» fondé sur les états-nations et un post-modernisme émergent créé par le capitalisme des classes dominantes et fondant son autorité sur la force militaire et sur des créations légales internationales (ONU, OTAN, FMI, etc). Inspirés des écrits de Gilles Deleuze et Michel Foucault, les auteurs théorisent un Empire pensé comme un «agencement», une mécanique totalisante contre laquelle la seule résistance possible de la «multitude» est la négation.
Arrivé au Canada à un très jeune âge et élevé dans une famille très politisée, l’artiste a toujours été conscient des effets du pouvoir et de sa relation avec l’industrie et le commerce international. Venant du Chili, un pays qui a été pris dans les tensions de la Guerre froide dans les années 60 et 70, avec une dictature violente et des multi-nationales luttant pour le contrôle des ressources naturelles (minières principalement), l’histoire de sa famille a été prise dans cet engrenage et a émigré au Canada.
Très attristé d’apprendre la nouvelle du décès de Michel Guimont. Michel a été dans ma vie pendant un très court moment. Ma dernière exposition a Québec était dans sa galerie et j’y ai été magnifiquement bien traité. J’ai senti son immense soutien, sa générosité et sa curiosité. C’était en mars 2021, en pleine pandémie, et malgré le vent contraire ça a super bien été. Ça a eu une effet dynamisant sur mon rapport à ma pratique, sur ma vie en général, et je lui en serai éternellement reconnaissant. Mes pensées vont à sa famille, son conjoint et tous ses amis. Merci Michel.